lundi 27 juillet 2020

Six of Crows, tome 2 : La cité corrompue de Leigh Bardugo - Ou le coup de cœur

Genre : Fantasy / Young Adult
Année de parution : 2017
Edition : Editions Milan
Format : Grand format
Nombre de pages : 650 pages



Série en deux tomes (complète) 

De quoi ça parle ?


Après avoir réussi à s’enfuir du Palais des Glaces, Kaz et ses compagnons se sentent invulnérables. Un revirement de situation va cependant changer la donne d’une partie mortelle que devront jouer les jeunes prodiges du crime. Alors que les grandes puissances Grisha s’organisent pour leur mettre la main dessus, Kaz imagine un plan, entre vengeance et arnaque, qui leur assurera la gloire éternelle en cas de réussite, et provoquera la ruine de leur monde s’ils échouent.

La chronique 


Alors. J'ai enchaîné le tome un et le tome deux de Six of Crows en sentant que cette saga serait un coup de cœur et... Oui. Totalement. On est sur un coup de cœur. Pas un coup de cœur comme l'a pu être L'oiseau et la lame, par exemple, mais plus un coup de cœur comme l'ont été Harry Potter ou La Passe Miroir. On est sur un univers dans lequel j'ai besoin de revenir, comme pour la Passe Miroir, j'ai ressenti un gros vide en refermant ce dernier tome après le point final, une espèce de "néant" empreint de nostalgie. J'ai eu la même chose en quittant Ophélie et Poudlard, une espèce d’au revoir émue, parce qu'on réalise qu'on en a pas fini avec cet univers, avec ces personnages. Je n'en ai pas fini avec Kaz et Ketterdam, c'est une certitude. J'en ai peu dit dans ma chronique du premier tome, alors que pourtant y en a tellement à dire. C'est toujours un peu le souci avec les chroniques : jusqu'où on peut aller dans le spoil, jusqu'où on peut aller pour partager son avis . Mais pour ce second tome, je vais me permettre d'en dire plus (tout en essayant de vous garder quelques surprises sous le coude). Sincèrement, ce tome deux est une espèce d'apothéose dans le récit. On a le même style, la même ambiance, le même dynamisme dans les dialogues mais en mieux. 

Ici, point de voyage suicide en terre inconnue mais une intrigue à huit clos dans les rues de Ketterdam. Une vengeance/revanche, pour être exacte, car on ne plume pas Kaz Brekker sans en perdre ses ailes et c'est totalement de ça dont on va parler ici. Le tome 1 servait à poser les bases, à présenter les personnages et leurs enjeux sous fond d'une petite aventure sur la banquise. On avait de l'action, des moments plus intimistes entre nos personnages, ce tome 2 c'est vraiment l'occasion d’approfondir le tout en recentrant l'intrigue sur nos héros. Les Six of Crows ne font pas le boulot de quelqu'un d'autre mais règlent leurs comptes et, ça, ça change pas mal de choses. 

En matière de personnages, tout d'abord. Dans le tome 1, on avait l’esquisse de certaines dynamiques, de certains couples aussi huhuhu. Kaz et Inej, Nina et Mathias, Jesper et Wylan. De la romance plus mise au premier plan ici mais c'est loin d'être imbuvable. Le couple Kaz et Inej, dont on voyait les prémisses dans le tome 1 évolue nettement plus dans le tome 2. On a, avec eux, un ship qui aurait pu être frustrant mais qui est, bien au contraire, incroyablement attachant. Toute la dynamique de leur relation tourne autour d'un attachement mutuel que ni l'un, ni l'autre accepte d'assumer pour certaines raisons. Kaz est un personnage qui ne s'autorise pas le bonheur, Inej est un personnage qui refuse de courir après alors qu'elle a ses propres rêves et objectif... Il y a un côté très satisfaisant à les voir avancer et reculer ensemble et la fin qu'on leur offre m'a, personnellement, plutôt satisfaite. De même pour Jesper et Wylan, mes chouchous. On les voyait se tourner autour dans le premier tome, ce jeu du chat et de la souris se poursuit et chaque scène qu'on a avec ses deux petits sucres m'ont fait glousser comme une collégienne... Bref. J'ai beaucoup aimé, aussi, qu'on s'intéresse nettement plus à eux ici que dans le tome 1. Légèrement en retrait par rapport aux autres, Jesper et Wylan prennent en profondeur ici, notamment via leur famille et le rapport qu'ils peuvent avoir avec. On découvre le vrai passé de Wylan, le vrai visage de son père et le pourquoi du comment de certaines capacités de Jesper, que de tout bon sur ce point. Puis, c'est bête, mais avoir de la diversité dans les couples c'est agréable aussi. Nina et Mathias sont un peu en dessous, le gros de leur développement se faisant dans le tome 1, mais ce dernier tome leur offre tout de même une conclusion et quelques évolutions qui ne m'ont pas déçue. 

Niveau histoire on respire un peu plus que dans le tome 1. De l'action, il y en a, mais on a aussi pas mal de chapitre de "pauses", de "temps calmes" qui permettent de creuser d'autres aspects, notamment le passé de certains personnages, la situation de la ville, sa politique, etc. Ça permet aussi de vraiment clore une grosse partie action pour passer à autres choses. Dit comme ça, ça pourrait créer un souci de rythme mais, personnellement, je n'ai pas ressenti ça comme ça. J'ai un peu dévoré ce second tome, j'avais beaucoup de mal à lâcher prise, notamment à cause du fait que chaque fin de chapitre apporte son lot de surprise. L'intrigue est riche et se renouvelle très bien, on aurait pu tourner en rond mais ce n'est pas le cas. On a toujours autant d'humour, mais un peu plus de drame aussi, puisque la fin de Six of Crows est une fin douce amère. C'est riche en émotion, les derniers chapitres sont incroyablement riches. 

Six of Crows, ça a été un véritable voyage et une expérience particulière pour moi. Sur un peu plus de mille pages, j'ai été une Dregs, une gosse des rues. Sur un peu plus de mille pages, j'ai fait l'impossible en défiant ce qu'on ne défit pas, mais surtout en me défiant moi-même. C'est une saga qui m'a émue, qui m'a touchée, qui m'a fait rire et pleurer. J'ai un amour immense pour ses personnages, pour cette ville aussi belle que terrible qu'est Ketterdam. J'irais acheter cette duologie. J'irais relire cette saga. Je reviendrai à cette histoire et cet univers particulier. Je ne sais pas si je lirai Grisha et le reste, parce que c'est vraiment Ketterdam et les dregs qui m'ont touché, pas tellement ce qui se passe à côté. Mais j'y reviendrais. Il y a des sagas, comme ça, qui vous touche profondément et Six of Crows en fait partie. 

Ma note : 20/20

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